Intervention de Françoise Dumas

Séance en hémicycle du mardi 22 juin 2021 à 15h00
Déclaration du gouvernement relative à la programmation militaire suivie d'un débat et d'un vote

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaFrançoise Dumas, présidente de la commission de la défense nationale et des forces armées :

avant toute autre chose, elle exprime une vision de la place de la France dans le monde, celle du Président de la République. Il convient donc de commencer par ce point, car notre époque oublie trop souvent le rôle de la France.

Puissance d'équilibre, la France étend sa présence de l'Europe aux Amériques, de l'océan Indien au Pacifique. Disposant du deuxième espace maritime mondial, elle possède des bases militaires en Afrique comme au Levant. Au sein de l'Union européenne, elle est désormais la seule puissance nucléaire, le seul membre permanent du Conseil de sécurité de l'ONU. Alors que les rapports de force reviennent au cœur des relations internationales, la France est attendue.

Elle offre en premier lieu à l'Union européenne des actifs stratégiques indispensables pour être entendue. Elle offre aussi à de nombreux pays amis la possibilité de sortir de face-à-face caricaturaux ou d'insincères stratégies d'endiguement. La France a des responsabilités mondiales : elle est une puissance qui compte, un partenaire qui rassure, un ami qui entraîne. Le négliger serait éroder l'un de nos principaux atouts. La véritable identité de la France, c'est ce rapport singulier au monde, qui excède de beaucoup notre taille de puissance moyenne et qui puise dans notre histoire, notre langue et nos valeurs, une force d'attraction utile à la communauté internationale.

Mais pour que cela serve durablement la France et l'Europe, il faut être crédible, c'est-à-dire disposer de façon autonome des moyens adaptés aux objectifs affichés. Aujourd'hui c'est le cas, mais qu'en sera-t-il demain ? L'objectif de la LPM pour les années 2019 à 2025 est de le prévoir. Son adoption a marqué une inflexion historique, en mettant fin à trente ans de réduction des budgets militaires et en préparant en deux étapes la consolidation de nos forces : d'abord en réparant d'ici 2025 un modèle abîmé ; ensuite en modernisant nos équipements pour atteindre en 2030 le modèle d'armée cible.

Le vote de 2018 crédibilise notre volonté de faire entendre notre voix dans la marche du monde. C'est vrai au sujet de la lutte antiterroriste et s'agissant de nouveaux champs de conflictualité évoqués à cette tribune. La LPM préserve aussi la crédibilité de notre autonomie stratégique en consolidant une base industrielle et technologique de défense performante, qui irrigue l'ensemble du territoire national, et en la protégeant efficacement des prédations économiques.

Le temps est venu d'évaluer ce qui a été fait et de confirmer les orientations prises car la garantie dont a besoin la politique de défense, c'est l'adhésion de la représentation nationale. Concrètement mes chers collègues, force est de constater que les trois derniers budgets dédiés à la défense que nous avons adoptés sont conformes, à l'euro près, à la programmation. Je tiens d'ailleurs à saluer la détermination et la pugnacité de la ministre des armées Florence Parly, qui y a largement contribué.

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