Intervention de François-Michel Lambert

Séance en hémicycle du mercredi 27 janvier 2021 à 15h00
Lutte contre la maltraitance animale — Article 4 ter

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaFrançois-Michel Lambert :

Au titre de l'article 40 de la Constitution, a été déclaré irrecevable un amendement proposé par le groupe Libertés et territoires qui visait à créer un observatoire de la population de chats, en raison de la perte de contrôle que nous connaissons aujourd'hui en la matière. Je rappelle qu'en 1988, il y avait un peu plus de 5 millions de chats dits de propriétaire, à savoir ceux qui appartiennent à une personne ; en 2008, soit vingt ans plus tard, on en comptait 10,7 millions ; aujourd'hui, on en compte 15 millions et selon certaines projections, nous atteindrions le chiffre de presque 20 millions.

Et encore, nous ne connaissons que la croissance du nombre des chats les plus visibles, c'est-à-dire ceux qui appartiennent à nos concitoyens, car nous ne disposons que d'estimations concernant les chats errants et, pour ce qui est les chats dits harets – qui, s'ils appartiennent à la même espèce, sont totalement revenus à l'état sauvage – , nous ne connaissons ni leur nombre exact ni les conséquences de leur présence.

Dès lors, la création de cet observatoire semble nécessaire, d'autant plus que, pour nourrir les seuls chats dits de propriétaire, 640 000 tonnes d'aliments, soit 184 000 tonnes de viande, sont nécessaires. Si l'on rapporte au poids des vaches, il faut élever 700 000 vaches rien que pour nourrir les chats. On peut accepter qu'il y ait 15 millions de chats, mais il faut être conscients que leur croissance non maîtrisée entraînera des conséquences plus importantes.

Les chats de propriétaire produisent 375 000 tonnes de déchets par an et ont un impact colossal en termes d'émissions de CO2.

Que les choses soient claires : je ne dis pas qu'il faut réduire la place du chat dans notre société, mais que nous manquons d'outils pour la surveiller. C'était le sens de l'amendement, déclaré irrecevable, qui visait à la création d'un observatoire de la population de chats en France, qu'ils soient de propriétaire, errants ou harets. Grâce à cet observatoire, nous pourrions apporter les justes réponses, au lieu d'agir trop tard ou trop fort, et de risquer que nos concitoyens, sous le coup d'une juste émotion, ne comprennent pas l'action du législateur et de l'exécutif, c'est-à-dire de l'État.

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